Sondages

• Le regard des français sur la collaboration (février 2026)

Analyse de Bénédicte VERGEZ-CHAIGNON :

Les résultats du sondage réalisé par l’IFOP à la mi-janvier 2026 constituent un apport significatif pour les historiens de la Seconde Guerre mondiale.

Les mots spontanément associés à la collaboration renvoient d’abord à des figures et à des réalités bien identifiées : Pétain, Vichy, mais aussi Hitler, le nazisme et le fascisme. Cette apparente évidence mérite pourtant d’être soulignée, dans la mesure où des termes plus généraux tels que « France », « Allemagne » ou « guerre » sont nettement moins cités. Sur le plan moral, la notion de trahison occupe une place centrale, au sein d’un ensemble largement dominé par des connotations négatives. À l’inverse, les registres de l’excuse, de la justification ou de l’explication de la collaboration sont très marginalement mobilisés. Ce constat relativement net doit néanmoins être nuancé : près d’un cinquième des personnes interrogées ne se prononcent pas. Cette réserve interroge, sans pour autant contredire le large consensus qui se dégage du même sondage quant à la nécessité d’accorder une place majeure à la collaboration et au régime de Vichy dans l’enseignement et dans la mémoire collective.

Le travail historique et mémoriel mené depuis plusieurs décennies produit ainsi des effets tangibles, en dépit du brouhaha médiatique qui entoure régulièrement ces questions sensibles. Près de trois quarts des personnes interrogées estiment que la France porte une part de responsabilité dans la mise en œuvre de la Solution finale sur son territoire. Le fait qu’elles se déclarent « plutôt d’accord » plutôt que « tout à fait d’accord » traduit une appréhension nuancée des événements. Surtout, cette opinion progresse de manière significative par rapport au sondage de référence de 1994, réalisé dans un contexte marqué par les procès Barbie et Touvier, et antérieur à celui de Papon. De la même manière, les jugements négatifs portés sur Pétain se renforcent par rapport au sondage de 1993, tandis que les tentatives d’exonération restent très minoritaires. On observe également une progression des « sans opinion ». Si l’âge joue un rôle, son impact apparaît moins déterminant que ne le laissent entendre certaines prises de position politiques simplificatrices. L’analyse des répartitions selon les catégories sociales, les territoires ou les préférences politiques suggère au contraire l’intervention de facteurs plus difficilement quantifiables : histoire familiale, pratiques culturelles, lectures, documentaires visionnés, entre autres.

Il ressort enfin avec netteté que Pétain est désormais perçu comme le symbole même du régime qu’il a dirigé, de la politique qu’il a menée et, plus largement, de l’histoire de la France occupée. Quant à Vichy — indépendamment de la ville elle-même — le nom demeure indissociable de connotations fortement négatives.

• Le regard des Français sur l’élection présidentielle 60 ans après la première élection du président de la République au suffrage universel (novembre 2025)

À l’occasion du 60ᵉ anniversaire de la première élection présidentielle au suffrage universel direct, l’Ifop, en partenariat avec Paris Match et l’Observatoire Histoire & Vie publique, a interrogé les Français sur leur rapport à cette élection centrale de la vie politique nationale.

• Le regard des Français sur les commémorations (mai 2025)

Quelle place les Français accordent-ils encore aux grandes commémorations nationales ?
À l’occasion du 80ᵉ anniversaire de la victoire du 8 mai 1945 et de sa célébration officielle, l’Observatoire Histoire & Vie Publique a confié à l’IFOP, la réalisation d’un sondage inédit sur le rapport des citoyens à ces rendez-vous mémoriels.
Derrière un large consensus se dessine une exigence forte : réinventer les formes, renforcer la dimension éducative, et préserver ces temps de mémoire de toute récupération partisane.
Une enquête essentielle pour mieux comprendre la mémoire républicaine d’aujourd’hui.

• Le regard de la jeunesse sur l’Histoire et son enseignement (mai 2024)

Ce sondage est un éclairage précieux sur la perception des élèves et étudiants face aux récits enseignés à l’école. Intérêt, doutes, attentes pédagogiques : cette enquête met en lumière une jeunesse en quête de sens et de clarté dans sa relation au passé.